le commutateur de contexte
Processus
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- Les processus, à quoi ça sert ?
Ça sert à faire plusieurs activités en "même temps". Par exemple :
Faire travailler plusieurs utilisateurs sur la même machine. Chaque utilisateur a l'impression d'avoir la machine à lui tout seul
Compiler tout en lisant son mail.
Problème : Un processeur ne peut exécuter qu'une seule instruction à la fois.
But : Partager un (ou plusieurs) processeur entre différents programmes (les processus).
Attention ! ne pas confondre Processus avec Processeur
Notes sur les champs d'application des processus.
Une définition d'un processus
Un processus est l'activité résultant de l'exécution d'un programme séquentiel, avec ses données, par un processeur.
La vie intime des processus
Allocation du processeur Il existe différentes stratégies :
avec ou sans réquisition du processeur (stratégies préemptives ou non-préemptives),
fixées à priori en utilisant des informations sur le processus et l'activité du système.
Méthode FIFO (First In, First Out)
Aussi appelé traitement par "train", par "lot" ou "batch".
Les processus accèdent au processeur, chacun à leur tour, dans l'ordre d'arrivée, et monopolisent le processeur jusqu'à leur terminaison
Travaux courts pénalisés
Temps de Réponse fonction de la Charge du système Stratégie indépendante du temps d'exécution des processus
Cette méthode est non-préemptive, c'est-à-dire qu'un processus monopolise le processeur jusqu'à sa terminaison.
Une amélioration de la stratégie FIFO est d'ordonner la file en fonction du temps estimé d'exécution des processus. Dans ce cas, le temps de réponse des travaux courts est diminué, et celui des travaux long est augmenté.
Notes sur le traitement par lot.
Méthode du tourniquet (Round Robin)
Aussi appelé "balayage cyclique".
Les processus accèdent au processeur, chacun à leur tour, pour un temps déterminé à l'avance (le quantum). Un processus en attente d'une entrée-sortie sera placée dans une file des bloqués.
Plus court d'abord (SJF : Shortest Job First)
Priorité = Ordonnancement de la file
Privation des travaux longs
Cette méthode est préemptive, c'est-à-dire que le processeur est retiré à un processus au bout d'un certain quantum.
Le quantum est calculé par tâtonements :
- si le quantum est très grand, on obtient une file d'attente simple;
- si le quantum est très petit, les processus n'auront pas le temps d'être exécuté en partie avant d'être réinsérés dans la file.
Méthode du tourniquet multi niveaux
Avant d'accéder au processeur, les processus sont rangés dans les files correspondant à leur niveau de priorité. Un processus ne peut accéder au processeur que s'il n'existe plus de processus dans les files de plus haute priorité.
Amélioration du tourniquet simple
Priorité = 1 priorité différente par niveau
Les priorités peuvent être :
- externes, fixées avant la prise en compte du processus,
- internes, ajustées par le système,
- mixtes.
Une amélioration du système par le swap
Un processus peut être rangé (swapped) sur disque s'il reste trop longtemps dans la file des bloqués.
Quelques caractéristiques des processus
Voici un résultat possible de la commande ps sous Unix.
Chaque ligne concerne un processus et chaque colonne donne une caractéristique des processus. Par exemple PID est l'IDentificateur du Processus.
Pour plus d'information, reportez-vous aux man pages en tapant la commande man ps.
| USER | PID | %CPU | %MEM | SZ | RSS | TT | STAT | START | TIME | COMMAND | ||
| billard | 9343 | 5.4 | 1.3 | 316 | 756 | p1 | S | 15:58 | 0:00 | -local/bin/tcsh | ||
| solana | 29087 | 2.7 | 7.0 | 3196 | 4212 | co | S | Jan 4 | 81:53 | lemacs | ||
| solana | 10113 | 0.0 | 0.0 | 104 | 0 | co | IW | Dec 22 | 0:01 | -csh (csh) | ||
| bin | 60 | 0.0 | 0.0 | 36 | 0 | ? | IW | Nov 15 | 0:01 | ypbind | ||
| root | 0 | 0.0 | 0.0 | 0 | 0 | ? | D | Nov 15 | 19:23 | swapper | ||
| root | 78 | 0.0 | 0.1 | 60 | 60 | ? | I | Nov 15 | 5:25 | syslogd | ||
| ncsa | 18010 | 0.0 | 0.0 | 1976 | 0 | ? | IW | Jan 9 | 0:01 | /net/bin/sp | ||
| STAT | Signification |
| S | Sleeping <= 20s |
| I | Idle > 20s |
| W | Swapped |
| D | Non-interruptible |
Le contexte d'un processus est l'ensemble des informations dynamiques qui représente l'état d'exécution d'un processus (e.g. où est-ce que le processus en est de son exécution).
Le contexte état courant d'un processus.
On définit aussi le vecteur d'état d'un processus (PSW : Program Status Word) comme l'ensemble des bits de condition, priorité, etc. au moment de la commutation de contexte.
La commutation de contexte (context switching)
La commutation de contexte est le mécanisme qui permet au système d'exploitation de remplacer le processus élu par un autre processus éligible.
Le temps nécessaire à la commutation de contexte doit être inférieur au quantum.
Aussi appelés processus lourds.
La création d'un processus :
- Sous l'interpréteur de commande (shell).
- Dans un programme : instruction fork().
Action de fork()
- duplication du processus père ;
- retour de la valeur pid (numéro du fils) dans le processus père ;
- retour de la valeur 0 dans le processus fils.
Lors du démarrage de Unix, deux processus sont créés :
- le Swapper (pid = 0) qui gère la mémoire;
- le Init (pid = 1) qui crée tous les autres processus.
La communication entre processus
La communication entre père et fils par tubes (pipe)
- Un processus hérite de son père les descripteurs de tubes.
- Un tube est composé de deux entrées (lecture / écriture).
- Chaque entrée est FIFO.
- Création d'un tube : int pipe(p) avec int p[2].
- p[0] = accès en lecture ; p[1] = accès en écriture.
La communication par tubes nommés
Un tube nommé est un fichier spécial créé avec la commande mknod ou mkfifo.
-rw-r----- 1 billard telecom 15001 fév 4 13:59 fichier_normal
prw-r----- 1 billard telecom 0 fév 4 13:58 mon_tube
-rw-r----- 1 billard telecom 45876 fév 4 13:59 un_autre_fichier
La taille de mon_tube = 0, sauf lors de l'utilisation du tube.
Le tube s'utilise comme un fichier normal avec les primitives open, read, write, close.
La communication par IPC (Inter Process Communication)
Les IPC font partie de l'interface Unix System V.
Les IPC comprennent :
- les files de messages ;
- la mémoire partagée ;
- les sémaphores.
Les files de messages et la mémoire partagée sont des outils de communication.
Les sémaphores sont des outils de synchronisation.
Les files de messages
1 file de message 1 boîte aux lettres.
Un processus peut déposer et retirer des messages. Les messages sont typés.
Un processus peut retirer :
- le premier message de la file ( type) ;
- le premier message de type t ;
- le premier message de type t (t étant une valeur entière > 0).
La mémoire partagée
1 mémoire partagée 1 espace d'adressage commun à plusieurs processus.
Un processus peut lire et écrire en mémoire partagée, comme s'il s'agissait de ses propres variables.
Les IPC - Inconvénients
Table des IPC (donnée par la commande ipcs).
Message Queues:
T ID KEY MODE OWNER GROUP
q 28050 19466732 --rw-rw-rw- cbronner sys2
Shared Memory:
T ID KEY MODE OWNER GROUP
m 10601 4353 --rw-rw-rw- marchal sys2
Semaphores:
T ID KEY MODE OWNER GROUP
s 811 8765 --ra-ra-ra- marchal sys2
Les IPC font partie du système d'exploitation.
Chaque opération sur un IPC implique donc un appel système, très couteux, i.e. lent.
Les threads - processus légers
Idée : plusieurs threads à l'intérieur du même processus.
Chaque thread accède au même segment de données (donc aux mêmes variables).
Une thread qui interagit avec une autre au sein du même processus n'utilise pas le système d'exploitation.
une thread est plus légère à gérer et sa gestion peut être personnalisée.
La commutation de contexte est plus simple entre threads.
États uniques pour chaque thread :
- identificateur de thread ;
- état des registres ;
- pile ;
- masques de signaux (décrivent à quels signaux la thread répond) ;
- priorité ;
- données privées à la thread.
Attention : par défaut, la méthode d'allocation du processeur est NON-préemptive dans les anciens systèmes, et préemptive dans tous les sytèmes récents.